Aller au contenu

Tous les articles

Le causatif en turc : les suffixes -dır et -t

Comment fonctionne le causatif turc — le suffixe productif -dır avec son harmonie à quatre formes et son alternance d/t, le -t court que prennent les radicaux polysyllabiques finissant par une voyelle, l ou r, le datif sur la personne que l'on fait agir, l'empilement du suffixe, et le petit ensemble figé qui prend -ir, -ar ou -it.

Ekle ·

Le causatif transforme un verbe de sorte que son sujet fait faire l'action à quelqu'un d'autre au lieu de l'accomplir lui-même.

Ce que fait le causatif

Tout verbe nomme une action et un agent. Le causatif ajoute un second participant au-dessus de cet agent — un instigateur qui met l'action en marche sans l'exécuter. yap « faire » devient yaptırdım « je l'ai fait faire », et öl « mourir » devient öldürmek « tuer », littéralement « faire mourir ».

Là où le français recourt à un second verbe — faire, laisser —, le turc ajoute un suffixe au radical verbal. Sa forme productive est -dır, et une vaste classe de radicaux prend à sa place un -t plus court. Le reste de cette page indique quelle forme va où, et comment nommer la personne que l'on met au travail.

Le suffixe par défaut et son harmonie

Le causatif productif s'attache à la plupart des radicaux verbaux. Sa voyelle s'accorde de quatre façons avec la dernière voyelle du radical, et il commence par d après un son sonore, devenant t après un son sourd. Ainsi yaz « écrire » prend le -dır sonore pour donner yazdırdı « il l'a fait écrire », tandis que yap, qui se termine par un p sourd, prend -tır dans yaptırdım.

Dernière voyelle du radicalAprès un son sonoreAprès une consonne sourde
a · ı-dır-tır
e · i-dir-tir
o · u-dur-tur
ö · ü-dür-tür

Les consonnes qui imposent l'attaque sourde sont p ç t k f h s ş ; tout autre son, et toute voyelle, conserve le d. Un radical antérieur arrondi montre l'harmonie sous sa forme la plus complète : öldürdü « il a tué » est öl plus le -dür sonore, la ligne ö/ü du tableau.

Les radicaux qui prennent le suffixe court

Une classe vaste et régulière prend un simple -t à la place du suffixe plus long. Le déclencheur est la forme du radical : les verbes de plus d'une syllabe qui se terminent par une voyelle, ou par l ou r. oku « lire » donne okut, temizle « nettoyer » donne temizlet, kısal « raccourcir » donne kısalt, et otur « s'asseoir » donne oturt.

Ainsi okuttu « il a enseigné » est oku plus -t plus la désinence du passé, temizlettim « je l'ai fait nettoyer » est temizle plus -t, et kısalttı « il l'a raccourci » porte le même -t sur le radical en l kısal. Imposer le suffixe plus long à ces radicaux produit les formes fautives okudur, temizledir et kısaldır.

C'est la longueur qui compte : la forme -t réclame plus d'une syllabe. Un radical d'une seule syllabe finissant par l ou r conserve le suffixe par défaut, et c'est pourquoi öl donne öldürmek et non une forme en -t.

Cinq formes détaillées

Lisez chacune comme « faire faire » — le sujet organise l'action et quelqu'un d'autre l'exécute.

TurcDécompositionFrançais
yaptırdımyap + tır + dı + mje l'ai fait faire / je l'ai fait exécuter
yazdırdıyaz + dır + dıil l'a fait écrire
temizlettimtemizle + t + ti + mje l'ai fait nettoyer
okuttuoku + t + tuil a enseigné / a fait lire à quelqu'un
kısalttıkısal + t + tıil l'a raccourci

Faire soi-même ou faire faire

Le verbe simple dit que vous avez fait la chose vous-même ; le causatif dit que vous l'avez fait faire. yaptım signifie « je l'ai fait » de vos propres mains, tandis que yaptırdım signifie « je l'ai fait faire » par quelqu'un d'autre. De la même façon, yazdım « je l'ai écrit » vous met la plume en main, et yazdırdı « il l'a fait écrire » confie l'écriture à un autre.

Nommer celui que l'on fait agir

Lorsque vous nommez la personne que l'on fait agir — l'agent second —, cette personne se met au datif. Ali'ye yazdırdım signifie « j'ai fait écrire Ali », où Ali'ye « à Ali » marque celui que l'on met au travail. Le datif joue ici le même rôle qu'après un verbe de don : il désigne celui vers qui l'action est dirigée.

Nommer l'agent second est facultatif. Omettez-le et yazdırdı seul signifie toujours « il l'a fait écrire », l'exécutant restant simplement anonyme. Nommez-le, et c'est par le datif que le turc l'introduit.

Empiler le suffixe

Le causatif peut s'appliquer plus d'une fois. Un second causatif sur un radical déjà causatif allonge la chaîne d'instigation : yaptım « je l'ai fait », puis yaptırdım « je l'ai fait faire », puis yaptırttım « je l'ai fait faire par l'intermédiaire de quelqu'un ». Le radical yaptırt est le causatif yaptırmak avec un -t de plus par-dessus, et la désinence du passé clôt le mot.

TurcDécompositionFrançais
yaptırttımyap + tır + t + tı + mje l'ai fait faire (par l'intermédiaire de quelqu'un)

Un ensemble figé de formes courtes

Un petit ensemble fermé de verbes courants — une trentaine, la plupart monosyllabiques — prend, là où le suffixe productif s'appliquerait, une forme plus ancienne et lexicalement figée en -ir, -ar ou -it. Rien dans la sonorité du verbe ne prédit l'appartenance ; l'ensemble s'apprend par cœur. piş « cuire » en fait partie : il prend -ir pour donner pişirdim « je l'ai fait cuire ».

Comme l'ensemble se mémorise et ne se dérive pas, recourir ici au suffixe productif donne la forme fautive piştir là où le -ir figé de pişirdim est requis.

TurcDécompositionFrançais
pişirdimpiş + ir + di + mje l'ai fait cuire

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le causatif turc ?
C'est un suffixe qui ajoute un instigateur au verbe : le sujet fait faire l'action à quelqu'un d'autre au lieu de la faire lui-même. yap « faire » devient yaptırdım « je l'ai fait faire », et öl « mourir » devient öldürmek « tuer », littéralement « faire mourir ». Le turc construit avec un seul suffixe ce que le français rend par un verbe supplémentaire comme faire ou laisser.
Quand le causatif emploie-t-il -t au lieu du suffixe par défaut ?
Un radical de plus d'une syllabe qui se termine par une voyelle, ou par l ou r, prend le -t court : oku donne okut, temizle donne temizlet, kısal donne kısalt. Un radical monosyllabique en l ou r conserve le suffixe par défaut, si bien que öl donne öldürmek, et non une forme en -t.
Comment dit-on qui a été amené à faire l'action ?
La personne que l'on fait agir — l'agent second — se met au datif. Ali'ye yazdırdım signifie « j'ai fait écrire Ali », où Ali'ye « à Ali » marque celui que l'on met au travail. Omettez l'agent second et yazdırdı seul signifie toujours « il l'a fait écrire », l'exécutant restant anonyme.
Le causatif turc peut-il s'employer deux fois ?
Oui. Un second causatif s'empile sur le premier : yaptım « je l'ai fait », yaptırdım « je l'ai fait faire », yaptırttım « je l'ai fait faire par l'intermédiaire de quelqu'un ». Chaque couche ajoute un maillon de plus à la chaîne de qui a fait agir qui.

Articles liés