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Le passé en turc : -di, -dı, -du, -dü expliqués

Comment fonctionne le passé défini turc — l'harmonie vocalique à quatre degrés, l'assimilation consonantique, les désinences de personne, et en quoi il diffère du passé rapporté.

Ekle ·

Le passé défini présente un fait comme établi — le locuteur l'affirme directement, au lieu de rapporter ce qu'on lui a dit.

Ce qu'exprime le passé défini

Le turc possède deux passés, et choisir entre eux revient à préciser comment vous le savez. Celui-ci est le passé constaté : Dün geldi signifie « il est venu hier, et je m'en porte garant ».

Il se fixe directement sur le radical du verbe et prend huit formes — quatre voyelles multipliées par deux consonnes — toutes prévisibles.

L'harmonie vocalique à quatre degrés

La voyelle du suffixe reprend la dernière voyelle du radical. Ce suffixe suit le schéma à quatre degrés : il y a donc quatre voyelles possibles, et non deux.

Dernière voyelleAprès un son voiséAprès p ç t k f h s ş
a · ı-dı-tı
e · i-di-ti
o · u-du-tu
ö · ü-dü-tü

okumak a u pour dernière voyelle : le suffixe est donc -du : okudum. görmek a ö, la voyelle est donc ü : gördüm.

L'assimilation consonantique

Si le radical se termine par une consonne sourdep ç t k f h s ş — le suffixe se durcit et le d devient t. bakmak se termine par k, son passé est donc baktık.

gitmek se termine par t, lui-même sourd : il prend donc la forme durcie et les deux t se rencontrent : gittiniz, jamais gitdi. La lettre double, c'est le t du radical suivi de celui du suffixe, et non une règle à part.

Les désinences de personne

La personne se marque après le suffixe de temps, et ces désinences sont propres à ce temps : -m, -n, rien à la troisième personne, -k, -niz, -ler.

Exemples commentés

TurcDécompositionFrançais
gördümgör + dü + mj'ai vu
geldigel + diil est venu
baktıkbak + tı + knous avons regardé
gittinizgit + ti + nizvous êtes allés
okudumoku + du + mj'ai lu

Choisir ce passé plutôt que l'autre

Le turc vous oblige à trancher. Employez ce temps pour ce que vous avez constaté ou fait vous-même ; employez le passé rapporté pour ce qu'on vous a raconté, ce que vous avez déduit ou découvert après coup. Aucun n'est plus poli que l'autre : ils portent des affirmations différentes, et se tromper revient à dire ce que vous ne vouliez pas dire.

C'est le passé rapporté qui fait le travail ici. Ce temps ne proclame pas tant « j'y étais » qu'il refuse de dire « je le tiens de quelqu'un » — et c'est pourquoi c'est aussi le temps de l'histoire et de l'actualité, où personne ne prétend avoir rien constaté.

La négation précède la marque de temps

Le suffixe négatif se place entre le radical et le temps, et non après : görmedim se décompose en gör + me + di + m. Le suffixe de temps s'harmonise alors avec la voyelle du suffixe négatif, et non avec celle du radical — d'où -di ici, et non -dü.

TurcDécompositionFrançais
görmedimgör + me + di + mje n'ai pas vu

Questions fréquentes

Que signifie le suffixe turc -di ?
Il marque le passé défini : quelque chose a eu lieu, et le locuteur s'en porte garant de première main. gördüm signifie « j'ai vu », formé sur gör + dü + m.
Quand -di devient-il -ti ?
Après une consonne sourde. Si le radical se termine par p ç t k f h s ş, le d se durcit en t : baktık, gittiniz. La voyelle, elle, se choisit à part, par l'harmonie vocalique à quatre degrés.
Quelle est la différence entre le passé en -di et le passé en -mis ?
Ils diffèrent par la source du savoir. Le passé en -di revendique une connaissance directe : vous l'avez vu ou vous l'avez fait. Le passé en -mis rapporte ce qui a été entendu, déduit ou remarqué après coup. Le turc vous oblige à choisir, si bien que le mauvais choix affirme ce que vous ne vouliez pas dire.

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