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L'ablatif en turc : -den, -dan, -ten, -tan expliqué

Comment fonctionne le suffixe ablatif turc — l'harmonie vocalique qui choisit -den ou -dan, le durcissement en -ten ou -tan après une consonne sourde, et comment le cas marque l'origine, la matière, la cause et le terme de comparaison.

Ekle ·

L'ablatif indique d'où vient quelque chose — « de », « à partir de », « hors de » — et sa voyelle s'accorde avec la dernière voyelle du mot auquel il s'attache.

Ce que fait l'ablatif

Le turc n'a pas de mot séparé pour « de ». Il a un suffixe qui fait le même travail, collé directement au nom : evden signifie « de la maison ». Un seul suffixe, quatre orthographes, et le choix se règle par deux règles qui n'entrent jamais en conflit.

Il répond à la question nereden — d'où ?

L'harmonie vocalique fixe la voyelle du suffixe

La voyelle du suffixe reprend la dernière voyelle du mot. Les voyelles antérieures — e, i, ö, ü — prennent -den, donc ev devient evden. Les voyelles postérieures — a, o, u et le ı sans point — prennent -dan, donc okul devient okuldan.

Dernière voyelleAprès un son voiséAprès p ç t k f h s ş
e · i · ö · ü-den-ten
a · ı · o · u-dan-tan

Le durcissement de la consonne après un son sourd

Si le mot se termine par une consonne sourde, le d du suffixe se durcit en t. Les consonnes sourdes sont p ç t k f h s ş, et on les retient grâce au nom Fıstıkçı Şahap, un vendeur de pistaches dont le nom les contient toutes. Un uçak se termine par le k sourd, donc « d'un avion » se dit uçaktan.

Les deux règles s'appliquent en même temps et indépendamment : le durcissement décide entre d et t, l'harmonie entre e et a. kitaptan se termine par p, une sourde, donc t, et sa dernière voyelle a est postérieure, donc a. işten se termine par un son sourd, donc t, et sa dernière voyelle est antérieure, donc e.

Les quatre formes côte à côte

TurcDécompositionFrançais
evdenev + dende la maison
okuldanokul + dande l'école
kitaptankitap + tandu livre
işteniş + tendu travail

Erreurs fréquentes

La matière et la cause

La même idée de « provenance » va au-delà des lieux physiques. Elle nomme la matière dont une chose est faite — tahtadan, « (fait) de bois » — et la cause d'une réaction — korkudan, « de peur », la peur dont on s'éloigne.

TurcDécompositionFrançais
tahtadantahta + dan(fait) de bois
korkudankorku + dande peur

Les noms propres prennent une apostrophe

Le suffixe se sépare du nom propre par une apostrophe, et les deux règles continuent de s'appliquer par-dessus : İstanbul'dan, « d'Istanbul ».

TurcDécompositionFrançais
İstanbul'danİstanbul + dand'Istanbul

Le terme de comparaison

L'ablatif marque aussi le terme de comparaison — l'étalon auquel on se mesure, le « que » du français. Dans benden büyük, « plus grand que moi », c'est benden, « que moi », qui porte la comparaison ; büyük veut seulement dire « grand », et daha, « plus », peut s'ajouter pour insister. Le comparatif complet est une construction à part entière ; ici l'ablatif ne fournit que le « que ».

TurcDécompositionFrançais
bendenben + denque moi

Questions fréquentes

Quand l'ablatif est-il -den et quand est-il -dan ?
Cela dépend de la dernière voyelle du nom. Les voyelles antérieures — e, i, ö, ü — prennent -den, comme dans evden ; les voyelles postérieures — a, ı, o, u — prennent -dan, comme dans okuldan. Après une consonne sourde, le d se durcit, ce qui donne -ten ou -tan.
Quand l'ablatif devient-il -ten ou -tan ?
Après une consonne sourde. Si le nom se termine par p ç t k f h s ş, le d se durcit en t : kitaptan, işten. Sinon, il reste -den ou -dan.
Quelle est la différence entre -den et -de ?
L'ablatif répond à nereden — « d'où ? » — et marque le mouvement qui s'éloigne de quelque chose : evden signifie « de la maison ». Le locatif marque l'inverse, le fait de rester sur place : evde signifie « à la maison ».
Pourquoi le turc emploie-t-il l'ablatif pour « que » ?
Dans une comparaison, ce à quoi l'on se mesure prend l'ablatif — le cas de la « provenance » marque le point de départ dont on s'éloigne. benden büyük veut dire « plus grand que moi », où benden signifie « que moi » et daha, « plus », peut s'ajouter pour insister. L'ablatif ne fournit que le « que ».

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